Une première pour les eaux douces de Nouvelle-Calédonie


Ce mois-ci, nous avons eu l'honneur et le plaisir de mettre en place le tout premier panneau de découverte et de sensibilisation sur les milieux aquatiques d'eau douce de Nouvelle-Calédonie. Ce panneau, réalisé en étroite collaboration avec la population locale, met en évidence plusieurs espèces présentes dans "la Padyéém", fameuse rivière prenant sa source au somment du Thaluuc (Mont Panié) et qui donne, juste avant de se jeter dans la mer, ce site magnifique connu généralement sous le nom de "Cascade de Tao". Vous pourrez observer ce panneau au niveau du sentier qui monte à la cascade, juste après l'entrée principale du site. Nous tenons à remercier tout particulièrement le sculpteur pour ces superbes poteaux sculptés. Si vous n'aimez pas lire, allez au moins voir ces derniers :-) Ce projet a été rendu possible grâce aux financements TE ME UM, avec les soutiens de la Province Nord et de l'association Dayu Biik.
Un beau projet qui, nous l'espérons, en appellera d'autres.

© Copyright - Pour toute utilisation, merci de nous contacter - Article du 22 Février 2021



Deux nouvelles espèces de poissons pour la Calédonie

Après une campagne d’échantillonnage qui a débuté courant 2020, une première série de résultats vient de tomber. Si de nombreux spécimens ont pu être collectés parmi les espèces ciblées au départ, une attention particulière a été portée sur les lochons de la famille des Eleotridae. Depuis plusieurs années déjà, il était difficile d’identifier certains d’entre eux de par leur complexité morphologique. C’était notamment le cas du genre Giuris/Ophieleotris dont la détermination à l’espèce pouvait poser problème, aussi bien en Nouvelle-Calédonie qu’à l’échelle indo-pacifique (le genre Giuris étant présent dans toute cette région). Ainsi, afin de clarifier les zones d’ombre autour de ces espèces, une révision complète a été menée sur ces poissons et les premiers résultats viennent d’être publiés. En comparant morphologiquement et génétiquement des spécimens provenant des cours d’eau calédoniens à de nombreux autres individus venant de différents pays de l’Indo-Pacifique, des études scientifiques ont mis en évidence l’existence de plusieurs nouvelles espèces dont deux présentes ici, en Calédonie.



  • Publication scientifique
  • Longtemps connue sous le nom d'Ophieleotris nov sp, et considérée comme endémique à la Nouvelle-Calédonie, cette espèce, nouvelle, est en réalité largement répartie à l'échelle indo-pacifique. En effet, les études montrent que celle-ci est présente de la Nouvelle-Calédonie jusqu'à Mayotte, à l'ouest de l'Océan Indien. Cette espèce vient d'être officielement décrite et porte le nom de Giuris viator.



  • Publication scientifique
  • Une autre espèce également présente en Nouvelle Calédonie vient d'être découverte. La répartition de cette dernière semble se limiter à la région Vanuatu - Nouvelle-Calédonie et se nomme Giuris charpini. Il semblerait qu'en Calédonie, cette espèce ait longtemps été confondue avec Giuris margaritaceus dont la présence en Nouvelle-Calédonie est encore incertaine. Des études et analyses sur d'autres spécimens calédoniens sont en cours mais à l'heure actuelle, aucun spécimen certifié de Giuris margaritaceus provenant du territoire n'a été recensé.




    © Copyright - Pour toute utilisation, merci de nous contacter - Article du 27 Janvier 2021



    Mieux connaitre les poissons des rivières de Nouvelle-Calédonie

    Enfin une bonne nouvelle pour les poissons de nos rivières ! Heureux "gagnants" de l'appel à projet MobBiodiv'2020, lancé par l'Office Français de la Biodiversité (OFB), nous voici partis pour plus d'un an et demi de terrain et de recherche sur l'ichtyofaune des milieux aquatiques calédoniens. Et c'est sans compter sur la Société Française d'Ichtyologie (SFI) et les scientifiques du Muséum National d'Histoire Naturelle de Paris (MNHN), nos partenaires sur ce projet, ainsi que du soutien de la DAFE*, de la Province Nord, de la Province Sud et de la DAVAR*.



    Contrairement aux idées reçues, il existe à l'heure actuelle de nombreuses lacunes sur les espèces de poissons d’eau douce de Calédonie, à la fois sur leur identification et sur leur répartition. Comment est-il alors possible de suivre, d'étudier ou de protéger une espèce que nous n'arrivons pas à identifier ou que nous ne connaissons pas ? Il apparait urgent d’avoir une liste à jour, la plus complète possible, des poissons d’eau douce et de savoir les reconnaître. Etat initial d'un milieu, évolution, suivi des populations de poissons, etc. ; l'identification des espèces est à la base de toutes les études menées sur les écosystèmes aquatiques.

    En Nouvelle-Calédonie, de nombreux travaux sur les poissons d’eau douce et leur écologie ont été réalisés à la fin des années 90 et début des années 2000. Ces travaux, menés en grande partie par le Muséum National d’Histoire Naturelle de Paris, avaient conduit à la description de nouvelles espèces, à l’amélioration des connaissances sur leur biologie et à la réalisation d’un Atlas (2003), prélude à la mise en place de la première réglementation et des listes d’espèces protégées. Mais à l’époque déjà, les méthodes taxonomiques classiques avaient mis en évidence la difficulté de déterminer certains taxons, en particulier chez les lochons et les gobies, et elles supposaient la présence d’espèces cryptiques*.

    Aujourd’hui, de nombreux progrès ont été réalisés dans les outils permettant de mettre en évidence la biodiversité dans les régions particulièrement riches, et notamment de déceler ces espèces cryptiques et d’améliorer leur détermination. Cette diversité joue un rôle majeur dans les écosystèmes, notamment dans les tropiques. De nouvelles méthodes basées sur la taxonomie intégrative (méthode associant morpho-méristique, ADN, écologie, biogéographie, etc…) ont pu voir le jour, permettant de mettre en évidence ces taxons. Des travaux récents, menés dans la région Indo-Pacifique, ont ainsi permis la découverte de nombreuses espèces cryptiques et nous savons déjà que ceux-ci, auront un impact sur la faune de Nouvelle-Calédonie.

    La mise à jour de ces espèces au niveau de la Nouvelle-Calédonie revêt donc une importance toute particulière pour les personnes qui assurent un grand nombre d’échantillonnages piscicoles. En effet, le changement du nombre d’espèces ou de leur validité a des conséquences directes sur les textes réglementaires (espèces protégées, gestion/conservation), tant au niveau national qu’international, sur les listes rouges UICN*, mais aussi sur les plans de gestion. Il était donc grand temps d'avancer sur le sujet !

    DAFE* : Direction du service de l'Etat, de l'Agriculture, de la Forêt et de l’Environnement
    DAVAR* : Direction des Affaires Vétérinaires Alimentaires et Rurales
    Espèces cryptiques* : se dit d'espèces tellement proches physiquement que seules une description minutieuse par des mesures morphométriques ou des analyses génétiques peuvent les différencier.
    UICN* : Union Internationale pour la Conservation de la Nature

    © Copyright - Pour toute utilisation, merci de nous contacter - Article du 02 Janvier 2021



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